Plusieurs associations sont aujourd'hui dans l'incertitude quant à la reconduction, en tout ou en partie, de leurs subsides venant des bénéfices de la Loterie Nationale.
La raison en est que le Ministre de tutelle, M. Reynders, souhaite modifier la répartition antérieure.
Nous contestons cette logique qui consiste à avoir droit de vie ou de mort sur des projets associatifs rencontrant des missions d'utilité publique au seul titre que l'on ait le pouvoir d'en décider ainsi. Car contrairement à toute logique, aucune évaluation sérieuse ne préside à la remise en question de la ventilation des subsides de la Loterie Nationale.
Nous en appelons donc à une clarification des règles. Un bon exercice pour lancer la réflexion sur la conclusion au niveau fédéral d'un pacte associatif. Ce point fait partie de l'accord de gouvernement.
Nous appelons le Ministre à reconduire pour cette année les subsides et à fixer en partenariat avec les secteurs des critères d'évaluation.
Dans la foulée de la loi relative aux droits des volontaires, depuis 2007 un subside de la Loterie Nationale devait permettre aux Provinces d’offrir une police couvrant la responsabilité civile des associations œuvrant avec des volontaires.
Ce projet a pris un certain temps à être opérationnel en Wallonie. Côté francophone, les autorités ont soufflé le chaud et le froid.
Le chaud d’abord : Le ministre de l’époque, Bruno Tuybens, annonce via concours sur le site de la Loterie et communiqué de presse le lancement de cette assurance. Le froid ensuite : rien n’a bougé pendant deux ans en région wallonne et une incertitude persiste sur Bruxelles au niveau la COCOF.
Le chaud à nouveau : depuis novembre les choses ont bougé en région wallonne, un appel d’offre pour choisir la compagnie d’assurance devant enlever le marché a été lancé. Depuis juin, toutes les provinces sont en ordre de marche et proposent sur leur site la marche à suivre pour bénéficier de cette police. Le froid toujours, à Bruxelles, la COCOF pense seulement être prête en septembre et surtout avec l’annonce de la non-reconduction par le Ministre Reynders des subsides de la Loterie Nationale, plusieurs provinces pensent déjà arrêté ce projet.
Avant de supprimer ce soutien, il conviendrait de l’évaluer, d’interroger les étapes de sa mise en oeuvre, de constater que ça marche en Flandre et aussi souligner qu'en matière de soutien au volontariat ces subsides sont nécessaires même si le principe d’une assurance organisée au niveau des provinces peut être appuyé par d’autres besoins, comme l’information des volontaires et des associations, le besoin de point d’appuis locaux et d’espace de coordination, comme par exemple le travail mené par CERA dans le projet Volontiers volontaires, l’a mis en évidence pour le volontariat dans le milieux de la santé et des soins.
Nous pouvons nous accorder sur l’existence de marges budgétaires à réserver pour de nouvelles initiatives, mais la transparence doit être de mise. Si le politique est, aujourd’hui, obnubilé par le court terme, il n’en va pas de même du monde associatif qui inscrit son action dans la durée. À ce titre, il n’y a pas d’espace pour le hasard. La gestion d’une association est souvent un jeu d’équilibriste qui n’a pas besoin des ukases ministériels pour tanguer.
Le rôle de l’Etat doit être de travailler dans une logique du bien commun et pas du chacun pour soi – étant entendu qu’il ne s’agit pas d’une réduction des moyens de la Loterie affectée à des projets associatifs, mais d’une nouvelle répartition qui serait pour une grande part laissée à la seule appréciation du Ministre des finances.